Le Réseau REV

MOTIFS

En Belgique, en novembre 2001, le Gouvernement fédéral et les entités fédérées (la Communauté française Wallonie-Bruxelles d’une part et la Région wallonne d’autre part) ont décidé de placer la lutte contre la violence à l’égard des femmes comme un objectif prioritaire de leur action en commun et ceci, en élaborant le premier « Plan national de lutte contre la violence à l’égard des femmes ».

Pour que l’approche du phénomène de la violence dans les relations entre partenaires puisse être complète et efficace, il est nécessaire de se concerter, d’amplifier les actions et de les placer dans le cadre d’une politique publique intégrée et transversale.

D’où la création du « Réseau belge francophone pour l’élimination des violences entre partenaires ». La préoccupation commune qui réunit les membres du Réseau est l’élimination des violences qui prennent place dans les relations amoureuses dont les femmes sont majoritairement victimes. Créé en juin 2003, ce réseau est composé de différents types d’acteurs travaillant dans le domaine de la lutte contre les violences conjugales, les violences entre partenaires et à l’égard des femmes : maisons d’accueil, refuges pour femmes battues, centres d’aide aux victimes et aux justiciables, associations travaillant avec les auteurs de violences ou dans le domaine de la prévention, de la sensibilisation, de l’information et de la formation mais également centres d’études et équipes universitaires de recherche ainsi que des institutions publiques concernées par la problématique de la violence et de l’égalité entre femmes et hommes.

OBJECTIFS

Afin de promouvoir une meilleure approche du phénomène de la violence et une recherche de nouvelles pistes de solution à ce grave problème le réseau souhaite être :

  • un lieu de parole et de réflexion
  • un lieu d’échange d’expériences
  • un lieu de partenariat pour des actions communes
  • un lieu de concertation, de relais et d’interaction avec les pouvoirs publics.

Par la mise en synergie de différentes composantes issues des mondes associatif, universitaire, administratif et politique, le Réseau belge d’action pour l’élimination des violences entre partenaires en Wallonie et à Bruxelles contribuera à promouvoir une meilleure approche du phénomène de la violence et une recherche de nouvelles pistes de solution.

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«(… ) la violence à l’égard des femmes traduit des rapports de force historiquement inégaux entre hommes et femmes, lesquels ont abouti à la domination et à la discrimination exercées par les premiers et freiné la promotion des secondes, et qu’elle compte parmi les principaux mécanismes sociaux auxquels est due la subordination des femmes aux hommes (…) »

Déclaration des Nations Unies sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes,
Décembre 1993.

DEFINITION DE LA VIOLENCE ENTRE PARTENAIRES

Bien que toute personne puisse être violente ou subir les conséquences d’actes violents, la violence faite aux femmes est plus répandue et revêt habituellement un caractère plus menaçant.

En l’occurrence, et afin de définir le terme « violences entre partenaires », le Réseau se réfère dans un premier temps à la définition du Conseil de l’Europe, dans le cadre de sa recommandation Rec(2002)5 sur la protection des femmes contre la violence :

« (…) le terme de «violence envers les femmes» désigne tout acte de violence fondé sur l’appartenance sexuelle qui entraîne ou est susceptible d'entraîner pour les femmes qui en sont la cible des dommages ou souffrances de nature physique, sexuelle ou psychologique, y compris la menace de se livrer à de tels actes, la contrainte, la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée. (…) ».

A partir de cette définition et dans la logique de la déclaration de l’ONU de 1993, le Réseau convient de définir les termes 'violence entre partenaires' comme suit : tout acte de violence basé sur une discrimination sexuelle marquée par la volonté de prise de pouvoir de l'un sur l'autre susceptible d’entraîner pour la personne qui en est la cible des dommages et souffrances.

En effet, comme il vient d’être souligné, les violences entre partenaires peuvent prendre différentes formes : verbale, physique, sexuelle, psychologique, économique, morale. Elles s’inscrivent dans le cadre d’une relation affective.

VISIBILITE DE LA VIOLENCE ENTRE PARTENAIRES

Comme le relève le Conseil de l’Europe dans l’exposé des motifs de la recommandation précitée, « la violence à l’égard des femmes est demeurée longtemps un sujet non exploré, voire caché ou tabou. Même s’il est certain que l’affirmation et la mise en place de mécanismes visant à protéger les droits de la personne humaine ont servi de base pour lancer la lutte contre les violences, force est de constater que la violence à l’égard des femmes, contrairement à d’autres dimensions de l’inégalité entre les sexes, n’est devenue visible en Europe qu’à partir des années 70-80. La révélation progressive de ce phénomène et de son ampleur coïncide avec la reconnaissance de jure du principe de l’égalité entre les femmes et les hommes. Sous l’impulsion des groupes féministes et des organisations non gouvernementales le phénomène est apparu plus clairement au public : actives à la fois en matière d’assistance pratique et de campagnes publiques, ces organisations ont contribué à ce que la lutte contre la violence à l’égard des femmes soit inscrite au programme des pouvoirs publics » .